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News Règles 17 : La règle de l’évidence ou la plus vielle légende urbaine du golf

Le sujet de ce mois d’octobre, va porter sur la plus vielle « légende urbaine » du golf, la « règle de l’évidence ».

Dans de nombreuses compétitions, de clubs principalement, on peut entendre au 19ème trou, les golfeurs parler de la règle de l’évidence.

En creusant un peu, il s’agirait de mettre une balle là où tout le monde aurait vu disparaitre une balle, et que l’on ne retrouve pas. Le problème est que cette règle n’existe pas, et que les joueurs concernés confondent avec la notion de « sûr et quasiment certain ».

Je vais tâcher d’éclaircir cette notion et les actions qui en découlent.

La notion de « sûr et quasiment certain », se retrouve dans les règles 18-1 (Balle déplacée par un élément extérieur), 24-3 (Balle non retrouvée dans une obstruction), 25-1 (Balle non retrouvée dans un terrain en condition anormale) , 26-1 (Dégagement d’une balle dans un obstacle d’eau), et c’est tout. Cette notion ne s’applique pas à une balle perdue dans des hautes herbes, les hors limites, ou la balle emportée par une licorne rose avec des yeux rouges.

Voici un exemple qui va pouvoir vous éclairer sur la notion de « sûr et quasiment certain » :

Quand une balle a été jouée en direction d’un obstacle d’eau et ne peut pas être retrouvée, un joueur ne peut pas considérer que sa balle est dans l’obstacle d’eau
simplement parce qu’il existe une possibilité qu’elle puisse y être. Pour pouvoir procéder selon la Règle 26-1, il faut être « sûr ou quasiment certain » que la balle est dans l’obstacle d’eau.

S’il n’est pas « sûr ou quasiment certain » qu’elle est dans l’obstacle d’eau, une balle qui ne peut pas être retrouvée doit être considérée comme perdue en dehors de l’obstacle d’eau et le joueur doit procéder selon la Règle 27-1 (Rejouer un coup d’où le coup précédent a été joué).

Quand la balle d’un joueur ne peut pas être retrouvée, la « certitude » que la balle est dans l’obstacle d’eau peut être acquise de diverses manières. Le joueur ou son cadet ou d’autres membres de son match ou de son groupe peuvent en fait avoir vu la balle disparaître dans l’obstacle d’eau. Le témoignage fourni par d’autres témoins dignes de foi peut également permettre d’établir que la balle est dans l’obstacle d’eau. Un tel témoignage peut être fourni par un arbitre, un observateur, des spectateurs ou autres éléments extérieurs. Il est important de prendre en compte toute information aisément disponible, car, par exemple, le simple fait qu’une balle provoque une gerbe d’eau dans un obstacle, ne fournit pas nécessairement cette « certitude » puisqu’une balle peut ricocher et venir reposer hors de l’obstacle.
En l’absence de « certitude » que la balle est dans l’obstacle d’eau, la R 26-1 requiert qu’il y ait une « quasi-certitude » que la balle du joueur soit dans l’obstacle d’eau pour pouvoir procéder selon cette Règle. Contrairement à la « certitude », la « quasi-certitude » implique un léger élément de doute concernant la position réelle d’une balle qui n’a pas été retrouvée (point d’entrée exact dans l’obstacle d’eau par exemple).

Cependant, « quasi-certitude » signifie également que, bien que la balle n’ait pas été retrouvée, il est justifié de conclure sur la base de tous les renseignements aisément disponibles, que la balle ne peut être ailleurs que dans l’obstacle d’eau.
Pour déterminer si la « quasi-certitude » existe, il faut considérer certains facteurs pertinents dans la zone autour de l’obstacle d’eau tels la topographie, l’état du gazon, la hauteur de l’herbe, la visibilité, les conditions météo et la proximité d’arbres, buissons et terrains en conditions anormales.

Exemple pratique : Imaginons un jour d’été très sec, une zone tondue ras, en pente vers un magnifique lac où patauge de gentils canards. Le drive se dirige vers l’eau. Il existe dans ce cas précis une quasi certitude que la balle soit dans le lac, si on ne la retrouve pas dans la partie tondue ras, donc application de la règle 26-1 (obstacle d’eau).

Autre situation, il pleut, et le drive se dirige vers un obstacle d’eau en survolant une zone de très haut rough. Dans ce cas précis, sauf témoignage démontrant le contraire, il n’y a pas de quasi certitude que la balle est atteint l’eau. On doit donc appliquer la règle 27-1 , et donc remettre une balle de l’endroit où le coup précédent a été joué.

Les mêmes principes s’appliquent pour une balle pouvant avoir été déplacée par un élément extérieur (Règle 18-1) ou pour une balle qui n’a pas été retrouvée et pouvant être dans une obstruction (Règle 24-3) ou un terrain en condition anormale (Règle 25-1c).

La conclusion de cet article est la suivante, si vous n’avez pas d’indices fiables et sérieux qui vous confortent dans votre certitude que votre balle a disparu dans les situations énoncées dans les règles du début de l’article, vous devez rejouer une balle de l’endroit où vous avez effectué le coup précédent.

Vous pouvez maintenant prendre un bon cachet d’aspirine, de façon « sûre et quasi certaine », et reprendre votre activité normale.

 

A propos Pierrick DEFRANCE

Pierrick DEFRANCE
Responsable D1 et Capitaine des Jeux

Un commentaire

  1. Pour le cachet d’aspirine, on prend celui qui est certainement dans l’armoire ou celui qui est quasi certain dans la boite à pharmacie…:)
    Merci pour toutes ces explications

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